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QUOI

Appel à contribution de la revue Tracés. Revue de sciences humaines (n° 37) : “Les irrécupérables”. Numéro coordonné par Émilie Guitard, Igor Krtolica, Baptiste Monsaingeon et Mathilde Rossigneux-Méheust.

SUJET

« Irrécupérable » est un terme qui qualifie ce qui ne peut pas être récupéré et qui donne donc lieu à un processus de disqualification, de relégation ou d’élimination. Le rebut ou l’irrécupérable est alors ce qui résiste à la fois à l’intégration et à l’élimination. Dans la langue française, ces deux termes s’appliquent aussi bien aux choses qu’aux personnes. Ce numéro de la revue Tracés entend interroger les différentes formes qu’empruntent ces processus d’impossible réintégration. Il propose de questionner la mise en échec de toute dialectique de réhabilitation, de récupération ou de recyclage. Quatre axes sont à explorer ( voir sur l’appel le détail de l’argumentaire).

  • Axe 1. Produire
  • Axe 2. Faire avec
  • Axe 3. Résister
  • Axe 4. Théoriser

Plusieurs formes de travail sont acceptées par Tracés: voir les modalités de chaque catégorie sur l’appel.

  • Articles
  • Notes
  • Entretiens
  • Traductions
  • Procédure

Les articles envoyés à la revue Tracés doivent être des articles originaux. L’auteur-e s’engage à réserver l’exclusivité de sa proposition à Tracés jusqu’à ce que l’avis du comité de lecture soit rendu. Elle ou il s’engage également à ne pas retirer son article une fois que la publication a été acceptée et que l’article a été retravaillé en fonction des commentaires des lecteurs et lectrices.

NB : L’insertion d’images et de supports iconographiques est possible dans un nombre limité (Précisez-le dans votre déclaration d’intention).

« Irrécupérable » est un terme qui qualifie ce qui ne peut pas être récupéré et qui donne donc lieu à un processus de disqualification, de relégation ou d’élimination. Le rebut ou l’irrécupérable est alors ce qui résiste à la fois à l’intégration et à l’élimination. Dans la langue française, ces deux termes s’appliquent aussi bien aux choses qu’aux personnes. Ce numéro de la revue Tracés entend interroger les différentes formes qu’empruntent ces processus d’impossible réintégration. Il propose de questionner la mise en échec de toute dialectique de réhabilitation, de récupération ou de recyclage.

Le problème de l’irrécupérabilité s’arrime à un questionnement plus large sur l’exclusion et la mise à l’écart au sein de la sphère sociale d’une part, sur les déchets et les ordures au sein de la sphère matérielle d’autre part. En choisissant le terme d’irrécupérable, ce numéro entend questionner la possibilité d’une approche conjointe de l’irrécupérabilité au sein de ces deux sphères, c’est-à-dire interroger la pertinence d’un continuum matériel-social : en repérant des continuités (dans quelle mesure la relégation matérielle constitue-t-elle par exemple un modèle pour penser celle des humains, et inversement ?), en repérant des différences (si l’on peut mettre à mort les humains relégués hors du monde social, n’y a-t-il pas néanmoins des déchets matériels qu’on ne peut supprimer ?), en identifiant des combinaisons (n’y a-t-il pas des lieux où des personnes qualifiées de rebuts sociaux coexistent avec des choses traitées comme des rebuts matériels ?). En somme, peut-on mettre sur le même plan, comme l’ont fait Alain Corbin (1978) ou Zygmunt Bauman (2003), ces deux aspects de la mise hors du monde ? Y a-t-il un sens à interroger la fabrique de l’irrécupérable en saisissant ensemble les discours de mise au rebut des individus et des objets ? Peut-on trouver quelque chose de commun entre les bagnes coloniaux, les génocides, l’enfouissement de matériaux radioactifs ou encore l’exportation massive de déchets plastiques ? Si l’on sait bien que certaines catégories sociales sont affectées à la gestion des rebuts parce qu’elles sont elles mêmes reléguées, ce numéro est une invitation à explorer le divers des circulations entre humains et non-humains au cours des processus de disqualification, de relégation ou d’élimination radicales. Il invite aussi les auteur-es qui douteraient de la possibilité scientifique de tenir dans un même raisonnement la mise au rebuts des individus et celle des choses à développer également leur démonstration en ce sens.

Le terme « irrécupérables » n’est pas un concept. Néanmoins, il constitue dans tous les cas une catégorie limite qui désigne et ouvre un champ d’investigation aux sciences humaines et sociales. Si cet appel ne porte pas sur un concept issu des SHS, de l’action publique ou du langage ordinaire des sociétés occidentales, c’est parce que nous souhaitons nommer provisoirement une série de problèmes souvent pensés de manière déconnectés et susciter du même coup des contributions originales. Cette série de problèmes renvoie pour une bonne part à un double fait problématique : d’un côté, la production effrénée par nos sociétés contemporaines d’éléments matériels et humains qualifiés d’irrécupérables, et de l’autre la neutralisation non moins débridée de ces mêmes éléments qu’elles ambitionnent soit de récupérer soit d’éliminer.

Analyser la mise au rebut comme une construction culturelle et sociale complexe (Douglas, 1967) invite à déplier les étapes de ce processus, de la fabrique de l’irrécupérable à tout ce qui est susceptible de remettre en cause l’opération initiale de disqualification. Précisons d’entrée le caractère artificiel d’un tel découpage, tant la définition de l’irrécupérabilité est à la croisée des théories légitimant la mise au rebut, des pratiques disqualifiantes et des discours et usages qui font et défont ces étiquetages. Nous incitons les contributeurs et contributrices à s’emparer de ce terme d’« irrécupérable » à travers quatre axes de réflexion, non exhaustifs ni exclusifs.

ECHEANCE ET CANDIDATURE

Date limite : 30 septembre 2018 (soumission du texte complet) – voir les modalités après l’argumentaire. Les auteur-e-s peuvent informer en amont les coordinateurs de leur projet par courrier électronique en indiquant le titre de leur contribution, la rubrique dans laquelle ils le proposent, ainsi qu’un bref résumé du propos. La date limite des propositions est fixée au 1er juin 2017. Un retour est fait aux auteur-e-s sur la recevabilité de leur proposition. Vérifiez les modalités d’écriture ici.

Les auteur-e-s devront envoyer leur contribution (article complet) avant le 30 septembre 2018. Celle-ci sera envoyée au comité de rédaction de Tracés (redactraces [a] groupes.renater.fr) et aux coordinateurs et coordinatrices du numéro, Emilie Guitard (emilie.guitard[a]gmail.com), Igor Krtolica (igorkrtolica[a]hotmail.com), Mathilde Rossigneux-Meheust (mathildemeheust[a]yahoo.fr), et Baptiste Monsaingeon (b.monsaingeon[a]gmail.com).


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Photo by Hermes Rivera on Unsplash


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