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QUOI

Appel à contributions de la Revue « Entreprises et Histoire » sur le thème de la prudence. Entreprises et Histoire est une revue internationale qui publie en français ou en anglais des articles sur l’histoire des entreprises et de la gestion, ainsi qu’un débat, un document généralement inédit, des comptes rendus de thèses et d’HDR, des nouvelles des archives, des actualités, un clin d’œil, une liste de livres reçus, et les résumés français et anglais des articles. Elle est référencée par le Cnrs en économie, en gestion et en histoire ; elle est également référencée par la Fnege.

SUJET

La théorie économique néo-classique gomme les aspérités humaines et les qualités des individus en les considérant comme des agents économiques interchangeables : « Le  fonctionnement  du  marché  repose  donc  sur  le  principe  de  l’anonymat. (…). L’impersonnalité est conçue comme un facteur d’efficacité maximale, car cela signifie l’absence de forces de frottement qu’impliquerait l’existence de relations personnelles. » (Cusin, 2006).

La sociologie économique montre le contraire : il n’existe pas de relations d’affaires sans relation de confiance et de prudence. Ainsi, les travaux inspirés de Granovetter soulignent que toute situation économique est encastrée dans un substrat de relations sociales où l’individu utilise certes sa rationalité et les instruments qui la nourrissent, mais également ses affects et son jugement qu’il base à la fois sur la relation de confiance qu’il établit avec autrui et la prudence nécessaire au discernement.

Si la question de la confiance a souvent été débattue, celle de la prudence a été moins largement étudiée. Si dans une logique de rationalité économique pure, la prudence vise, sinon à réduire, du moins à circonscrire l’incertitude, elle peut aussi être observée comme une attitude plus fondamentale des individus face à ce qu’est l’existence humaine. En ce sens, la prudence a suscité de nombreuses réflexions au sein de la philosophie. De la phronesis d’Aristote, prudence déterminée par l’agir et considérée comme l’une des quatre vertus cardinales depuis Platon, à la prudence amorale et calculatoire de Machiavel ou à celle de Kant, « prise dans son sens le plus restreint » (in Fondement de la métaphysique des mœurs), ce concept a traversé les époques avec des significations variées sans pour autant jamais disparaître de notre relation au monde.

Ce numéro d’Entreprises & Histoire vise donc à interroger la façon dont la prudence peut s’exprimer tant au sein des organisations qu’entre elles. Les révolutions industrielles et bancaires du XIXe siècle se caractérisent notamment par un fonctionnement mécaniste des organisations, au détriment du fonctionnement organique qui prévalait auparavant ; à la personnalisation des relations (l’entre-soi familial, social ou géographique) et des productions (artisanat) a succédé une standardisation des process de production et une dissémination des produits commercialisés. Néanmoins, les recherches historiques montrent que cette dichotomie doit être fortement nuancée. Si d’une part, le contrat, et plus largement le développement des techniques juridiques (ex. nantissement), et d’autre part, le développement du calcul infinitésimal et les techniques statistiques qui en découlent visent à réduire le risque, ils ne suppriment pas pour autant l’incertitude, inhérente à toute activité économique. Ainsi, malgré l’introduction de rationalités multiples, la prudence demeure indispensable à la relation d’affaires et constitue le contrepoids nécessaire à une confiance qui pourrait alors être qualifiée d’aveugle. Autrement dit, les modes de sécurisation de l’échange – relationnels vs. contractuels – se complètent ou se superposent plus qu’ils ne s’opposent.

La notion de prudence doit donc être appréhendée le plus largement et le plus ouvertement possible et peut être étudiée au sein des organisations ou entre elles. Les concepts qui en découlent ou qui y sont liés (incertitude, risque, etc.) peuvent également faire l’objet d’un article dans la mesure où ils sont mis en lien avec la notion de prudence. Les réflexions de nature philosophique ou sociologique sont également bienvenues dans la mesure où elles sont en lien avec des problématiques de management public ou privé et qu’elles s’inscrivent dans une démarche historique. L’approche peut être macro, meso ou micro ; de même, elle peut être transversale ou pluri-disciplinaire ou, à l’inverse, mono-disciplinaire (e.g. : la prudence comptable). Les communications reposant sur des enquêtes de terrain, un travail d’archives ou l’utilisation de sources imprimées ou en ligne sont particulièrement appréciées. La notion d’organisation doit également être entendue au sens large. Elle couvre ainsi aussi bien tout type de société commerciale ou civile, mais également les associations et le secteur public.

ÉCHÉANCE ET CANDIDATURE

–          1er déc. 2017. Soumission d’une intention de contribution (une à deux pages) et un curriculum vitae.

–          1er avril 2018. Soumission de l’article pour révision. Tous les envois doivent être faits à nicolas.praquin@u-psud.fr.

 


  WHAT

Call for contributions for the « Entreprises et Histoire » journal. Next issue will be about prudence. Entreprises et Histoire is an international journal with articles in both French and English about history of enterprises/companies and management. It is a Cnrs-ranked in history, economy and management and Fnege-ranked.

TOPICS

While economical theory erase human differences and individual singularities in order to use an abstract rule, and to suppose that market happens on an anonymous form (Cusin, 2006), economical sociology shows the exact opposite. No economical relation exists without a prudence/trust factor (Granovetter). Every economical situation is intertwined with many social relationships and individual features.

Therefore, if the matter of trust has been thoroughly debated, prudence is still an obscure notion. Nevertheless it is a basic attitude not only in individual relationships to businesses, but also in the whole life, in order to reduce the uncertainity of outcomes. That’s why it has been mainly discusses by philosophy, from Aristotele’s phronesis to Plato, from Machiavel to Kant.

The next issue of Entreprises & Histoire aims to enquiry about prudence in economics and business. Industrial and banking revolutions change the concept of prudence by introducing a mechanical perspective; the process standardization replaced the social bonds in commerce. But this opposition has to be articulated according to specific contexts and perspectives. The opposition between “contract” and “relation” is not enough.

Therefore the Review welcomes texts that make use of an on-field research, archive research, sociological and philosophical approaches; texts can be multi-disciplinar or mono-disciplinar, regarding public and private sector.

DEADLINE/APPLICATION

december 1st is the deadline for the submission of proposals; April 2018 will be the deadline for the first review phase.


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